Mounir Serhani

Femme gauchère

 

Tu n’aimes que la noirceur du lit

Que les draps froissés

Que les failles humides

Où s’accordent en toi le jour et la nuit

Tu ne préfères que la fuite

Après les timides baisers

Que tes dunes pleuvent

Ecume et éclair

D’une eau blasée

De cette pluie nocturne

Naît ma révolte

Cendres

 

La nuit remue le sang

Et l’amour dans les affres

Elle purge

Les mots des plaies inhumées

Au sel des enfers

Cœur ouaté

Dévidant

Renaît

En oubli

 

Nuit désert

 

J’aime la nuit parfumée

De désert

De tonnerres et tempêtes

Une nuit

Des bleus me scrutent

De leur brume phallique

Ils dénoncent le sable

Maudissent la hauteur

Le soleil voisin

 

Simple rivage

 

Ta main est sœur

Des rêves

La nuit sombre en toi

Oiseau bâtard

Tes épaules timides

S’effarent

De mon torse

Et ce duel vacarme

Brûle de voyage

En spirale carrée

A la pente de mon corps

Je te confie: "n’omets pas mes lueurs.

Sois mon eau ignée en vrac en rage"