Mostafa Nissabouri

Approche Du Désertique

 

L’aube

rien qu’une aurore

 

pour l’apparition de ces dunes

mal arrimées qu’une rétine vague

avance à mon insu

espace d’envol d’ultimes paraboles

esquisse dans les fièvres de soleils rétrécis

 

c’est surgi d’entre les rêveries que m’émeut ici

le feuillage et son écrit

en ornement qui s’exténue

rétention de passereaux

sur les murs du délirium

régions mortes d’autres périphéries

 

rien qu’une aurore

 

extension de moi-même au hasard des nues

au paroxysme de la nuit niée

y compris celle dont je m’affranchis

 

mes phalanges blêmes pour mesurer sa trace

ont capturé des lieux que de jour

le corps hallucine

 

II

 

Ma nuit hyperbole désirante

 

moins dans l’apostrophe de ces extérieurs successifs

avec morcellements et dévorations

qui vit mort et renaissance alternées

que voyage depuis des confins d’absence

en illumination qui exhume

revisité comme dans la ténuité d’un songe

un habitat de rosiers sauvages

tant il a cette beauté dissolvante propre à tout lieu de souvenance

 

de rétention en rétention le poème vaguement

habille la silhouette de nuée blanche

comme un linceul

 

ce serait là toute sa matérialité si tu n’étais

de part et d’autre du silence

mélange inexprimable d’éternité

 

d’idée de fuite

 

à submerger d’un au-delà de la pensée

si tu n’étais ombre pure

ordonnée toujours à l’intérieur en réserve de lueurs décrues

 

et tant se brouille la proximité s’égare le chemin

 

si tu n’étais d’attente que mêlée à un sentiment

d’abandon parmi prêle et coronille au réveil

advienne la promesse que l’aube

fut expurgée là-haut à la césure du temps

qu’il n’y ait plus que béance d’univers

face à l’éclosion de cette part d’inquiétude

qui ne veut pas être consolée

 

s’il n’y avait l’emprise de ce pays recommencé

qui ne promet rien de ses sortilèges

absent des combinaisons de la lumière naissante

 

qui reflue baigné d’effluves d’angélique et de romarin

étendant son voile sur ma face

puis paradoxal et presque surdéterminé

qui cherche à se donner en partage

et n’a de cesse de repousser sa limite

 

alors qu’entre-temps il est pays à jamais quitté

 

qu’il accrédite au-dehors pour la durée qui m’attend

le tissage empourpré du pisé et du granit

l’enseignement de la pierre nue