Mohamed Hmoudane

VII of Au centre des ruines

 

Sur la terrasse

un linceul claque au vent—mon enfance

 

 

Mon enfance

et les mille sourates qui me célébraient

qui exaltaient mon sexe

 

 

Mon enfance

et la table était dressé napée de nuit et mon père mon père

 

Et le lait et l’or fondu vont couler

 

Et qu’on allume les cierges et qu’on allume les astres

 

Car le sang

le sang va couler :

 

 

Égorgez mon sexe et le veau d’or

 

Et déjà

le ciel n’était pas ciel quant à l’azur

il était embrouillé de sang

Le ciel était une mer qui s’embrase

et les étoiles

alphabet apocalyptique flottant

esquifs hiéroglyphiques traversant la nuit

vers l’autre rive

 

VIII

(page 131)

 

 

De chaque instant

fuyant le sablier du corps

pour revenir aussitôt s’y greffer encore plus frêle

 

(page 132)

 

 

De chaque instant

 

 

à mourir

où s’en va-t-il nébuleux fougueux lumineux

 

Où s’en va’t-il échoir

 

(page 133)

 

 

 

 

Où s’en va-t-il magmatique creuser des gorges

 

pour s’y ériger comme de sable intenable épileptique

(p. 134)

 

 

Ce qui brûle dans les veines et suinte noir des pores émanations mêmes

de tes propres putréfactions ?

 

 

 

 

(p. 135)

 

 

Ce qui roule vif piquant ton corps d’échardes bleues enfiévrées

comme ton souffle que tu chevauches

hennissant comme jamais hennissant au sang comme si tu happais

la mort la traînant par les cornes

alors que des miroirs

t’emboîtent le pas et les chemins

 

en reflets que tu devances tout autour de toi

tour à tour s’érigent et s’écroulent

 

(p. 136)

 

 

De chaque instant à mourir

où seuls se heurtent des spectres

au centre

un être dévoué – toi au centre des ruines (p. 137)

 

De chaque instant à mourir

ta main impure

en tuméfaction ne cesse d’infecter le monder tout autant à venir

que l’ancien

 

 

(p. 138)

 

 

C’est la fin du monde

 

par le monde qui jamais n’a cessé de finir

le monde qui jamais ne cesse d’advenir