Abdelhak Serhane

Le grain infini de solitude

 

Nommer le Désert plus muet que les rives

afin d’aller loin dans l’ombre des fièvres

dédiées à l’effigie des fuites parallèles

insondables au plus profound des dunes

au lieu dit du poème

 

Chaque nuit de soif marbrée

au goût de sel parmi les pierres

forgées dans le crime diffus

inflexibles d’ivresse et de fagots d’écumes

khamsin charriant de feu ses entrailles

 

Comme nul Désert

de pierres et de peau

aux sillons creux des âges

le parcours tranquille des dunes

en marche dans le sang des siècles

comme l’écriture des mirages

chevalés de soleils rouges et d’aspics

immuables comme le livre blanc

qui ferme ses pages

sur la tombe des marabouts

 

À écrire

dans le sillage de ta voix

en Désert de deuil

quand les hommes en signe d’amertume

effacent le sable de ses traces

en traversées desilences

le verbe en basalte de cris impudents

sur le versant des catacombes

le temps

en poussière de Désert

que la liberté des dunes

emporte vers l’inconnu des marais

J’ai reçu les signes

en offrande du Désert

comme ces rêves de jeunesse

à la limite de la transe

j’ai reçu le chant des pierres

à l’envers de ma solitude

quand le chacal assoiffé d’errance

hurle sa gangrène dans le creux des vagues

j’ai reçu l’appel des sables

de liberté et de soleil

si les mots peuvent guérir nos dérives

dis-moi encore cette éternité

où le Désert avance

dans le repos du sablier

 

 

Parmi mes nuits d’hiver

à l’instar des derviches

en sables orphelins des dunes

à la croisées des mirages

le grain infini de solitudes

ce refrain immuable d’inerties occultées au silence

orsque la nuit installe ses mandibules

dans le creux de mes cauchemars

c’est un hymne noir d’interférences

de contradictions la limite des transes

de délires épais le long des siècles

d’essouflement vertical dans les viscères

en mouvements d’intermittances

quand recommence

le traversée du Désert